mercredi 22 novembre 2017

les insectes et les masques africains





Les insectes ont plutôt une mauvaise réputation esthétique, quand ils ne ressemblent pas à un papillon ou à une coccinelle mais pour qui sait les regarder avec un regard distancié et artistique, ils prennent une certaine allure.

Sur ma colline congolaise il suffit que je pense à l’art africain des masques de bois colorés et stylisés pour que les insectes qui se posent sur mes murs se mettent à imiter des masques...


En fait on se demande qui imite qui.




samedi 18 novembre 2017

le silence

Je plonge régulièrement dans La force du silence (contre la dictature du bruit), merveilleux livre de méditation du cardinal Robert Sarah (Fayard, 2016). Il y a un souffle salvateur dans ce livre, même s’il demande pour être bien « écouté » une dose de silence et de paix que notre dictature du bruit offre avec parcimoine, même dans la brousse congolaise !

J’y pensais ces jours lorsque, sur la stèle d’entrée de la zone de prière de notre sanctuaire, j’étais en train de peindre une invitation à respecter le SILENCE et la PRIERE de notre belle colline.

La stèle vide et neuve est posée depuis quelques semaines, sur un talus de la route. La brousse était en train d’en envahir les abords quand j’ai demandé à un jeune de me les dégager, mais il n’a pas été assez large.

Par crainte des serpents, j’ai envoyé un autre gars pour bien débroussailler sur un rayon d’au moins 5 mètres autour de mon poste de travail de peintre... Et là encore je n’étais pas totalement serein et je regardais d’un œil mon pinceau et de l’autre la brousse proche. Ma méditation sur le silence en était un peu perturbée.

D’autant plus que les gens qui passaient sur la route venaient me faire la conversation et me demander si c’était vrai ce que j’avais fait les beaux-arts... Le dialogue ayant, avec un jeune, dévié sur les serpents des chaumes proches, il me dit :
- Non, rien à craindre, quand ils voient ce que vous faites, ils vont rebrousser chemin.
- Ah bon ! comment peux-tu en être si sûr ?
- Parce que les serpents s’éloignent de ceux qui prient !


Me voilà rassuré, je regarde mon pinceau et je pense davantage à la force du silence et de la prière.

mercredi 15 novembre 2017

le papier des toilettes

NB : à prendre au premier, au deuxième ou au troisième degré, au choix !

Dans la série : les tout petits malheurs de l’Afrique :
Le papier des toilettes



Disons d’emblée, la plupart des habitants de notre colline congolaise ne connaissent pas le papier wc et se débrouillent autrement. Les nantis qui au Kasaï connaissent les rouleaux ne sont pourtant pas moins en peine.

Nous achetons chez Maman Kamon, notre boutique attitrée en ville de Kananga, notre stock de rouleaux, fabriqués et conditionnés en Chine. Il semblerait qu’il ne devrait pas y avoir trop de différence entre un rouleau acheté en Europe et un rouleau acheté en Afrique, si l’emballage des deux précise qu’ils sont formés de trois douces couches et que l’allure générale est semblable. Or détrompez-vous !

Par un coup du destin incroyable les rouleaux du Congo ont bien des rainures permettant de les partager en coupons mais les rainures ne sont pas alignées sur les trois couches au même endroit mais décalées de quelques millimètres. Ainsi quand vous les déchirez, tout part en vrilles diverses et vous n’arrivez pas à avoir en main un papier en forme... Les bords ne se déchirent pas et font des filaments si vous persistez à tirer.

De plus, si vous n’y prenez garde le rond de carton central s’échappe bizarrement comme si le papier n’avait pas été enroulé assez serré sur ce cylindre.  

Et comme après coup la chasse d’eau du trône du roi solitaire ne fonctionne pas bien, votre petit malheur est à son comble.



samedi 11 novembre 2017

Sport+études

En cette fin de semaine, les écoles du Kasaï ont trois jours de vacances. Les étudiants des lycées et collèges sont rentrés en famille et cherchent à obtenir un petit argent de poche pour tenir ensuite jusqu’à Noël.
Nous les avons engagés pour mettre de l’ordre à notre nouveau terrain de foot. Il s’agissait d’enlever les mauvaises herbes qui après les pluies concurrencent la pelouse qui pousse bien. Et renforcer les installations contre les érosions dangereuses sur les talus en aval.
Dans quelques semaines, peut-être aux vacances de Noël, le premier match signera la fin de la grande aventure de l’aménagement de ce terrain et le début d’une autre : l’organisation de la coupe de la colline de foot entre les équipes des hameaux de la paroisse.



PS : mais je ne serai pas là pour le premier match, je rentre en Suisse le 20 pour revenir au Kasaï fin janvier. Rendez-vous à la conférence-dédicace du mardi 28 novembre au Collège de Saint-Maurice à 20h

jeudi 9 novembre 2017

Conférence-images-dédicace


A vous tous amis, parents, connaissances... en tout cas proche de cœur !

Je quitte ma Colline au Congo à la fin du mois et je rentre en Suisse pour un séjour de deux mois. A vous, chacun et chacune pour votre part, un grand merci pour votre soutien durant la période kasaïenne qui s’achève maintenant.
Vous souhaitez me rencontrer pour parler de la Colline ou la voir en images...
Vous voulez mieux la connaître après les épreuves qu’elle a connues...
Vous voulez rester solidaires d’un peuple qui souffre...
Vous voulez acheter mon livre comme cadeau de Noël....
Vous voulez que je vous le dédicace...
Venez, au Collège de Saint-Maurice, le mardi 28 novembre à 20h

Vous me feriez un grand plaisir.

samedi 4 novembre 2017

la carte électorale


Le moins qu’on puisse demander à une République démocratique (du Congo) c’est d’être démocratique. On pourrait lui demander d’être honnête, mais ce serait peut-être trop. On pourrait lui demander d’être attentive aux plus pauvres et aux plus fragiles mais ce serait peut-être trop. On pourrait lui demander de mettre en avant des projets lucides de développement de tous les citoyens avec des écoles et des hopitaux pour tous, mais ce serait peut-être trop. On pourrait lui demander d’avoir une police et une armée qui sécurisent la population et punissent ceux qui l’agressent et la rançonnent, mais c’est peut-être trop.

Le moins qu’on puisse demander à une République démocratique (du Congo) c’est d’être démocratique, c’est-à-dire de laisser au peuple le pouvoir de dire ce qu’il veut, et au moment où il le faut. C’est-à-dire laisser le peuple choisir ses représentants et son président pour un temps fixé constitutionnellement et les changer à la fin de leurs mandats. Ainsi faut-il organiser des élections avant la fin desdits mandats.

Donc les mandats politiques de la RDCongo étant terminés le 19 décembre 2016, des élections devraient avoir lieu avant le 19 décembre 2016, puisque c’est une République démocratique. Il faut donc faire des enrôlements électoraux pour que les citoyens souverains puissent faire valoir leur pouvoir démocratique.

C’est ce qu’on fait dans ma brousse depuis septembre 2015... houps non 16... houps... non 2017. Pour des élections qui auront lieu avant décembre 2016, houps non : 2017, houps... 18... 19... 20... et la comptine continue, nue, nue...

Toujours est-il que des agents (pas encore payés) sont répartis dans les villages pour enrôler les citoyens et leur donner une CARTE D’ELECTEUR.


On a investi les écoles et autres lieux publics, et avec une petite génératrice d’électricité branchée à une imprimante, du papier, des listes et des punaises, on fabrique le sésame démocratique, pendant que le serpent des gens qui attendent s’allanguit sous les bananiers, pour se protéger du soleil, qui lui est démocratique : il tape fort sur tous et chacun.