dimanche 9 juillet 2017

le regard oblique des vacances

Regard oblique... sur les vacances.

Pourquoi pas un regard... vers le haut ? Souvent pendant les vacances on lève les yeux vers ...le ciel pour voir s’il va pleuvoir, ...vers la flèche de la cathédrale où nous conduisent des chemins de culture, ...vers le plafond des monuments que nous visitons...

Et si notre cœur avait aussi le regard tourné vers le haut !

Comme cet Apôtre de la Cathédrale d’Albi... comme s’il voyait l’invisible.

vendredi 23 juin 2017

le métier de guide


Sur le chemin de mon retour en Suisse, je passe quelques jours à Kinshasa la capitale. Hier je suis allé au centre-ville pour rencontrer Madame notre Ambassadeur qui m’a reçu de façon très suisse et très sympathique. Il faut dire qu’elle était contente de me savoir sorti de la guerre du Kasaï.
L’Ambassade est une enclave suisse au milieu du chaos kinois et congolais.
Et c’est peu dire. Aller à l’Ambassade et en revenir tient de l’exploit digne d’un safari urbain.
Au retour à ma pension j’ai découvert un nouveau métier. Je connaissais les métiers de guides en haute et en moyenne montagne, les guides de musée ou du patrimoine. Désormais je sais qu’il existe des « guides en mare urbaine ».
Un carrefour du centre-ville de Kinshasa est entièrement occupé par une grande mare d’eau croupissante et noire. Pour la traverser les voitures ont besoin d’un guide qui met de l’ordre dans les transits afin d’éviter les bouchons lacustres ; il indique les endroits carrossables, fait éviter les bas-fonds dangereux et les trous invisibles. Le jeune homme est en bottes et fait cela de façon tout à fait informelle, mais lorsque notre voiture a atteint le rivage de l’autre côté, il tend explicitement la main, on lui donne 200 FC, c’est-à-dire 0,15 CHF et tout le monde est content. On vient de vivre une exaltante aventure, on a traversé une Amazone citadine.
Y a-t-il des guides en traversée des mares morales ? Je pense que oui. L’ingéniosité de l’homme est profonde. Faisons confiance. Tout se traverse.

vendredi 16 juin 2017

l'huile

J’ai vu couler de l’or !
L’huile est un produit essentiel de la vie humaine et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle est très présente dans la liturgie des sacrements et dans les textes bibliques.
Dans la Bible et la foi judéo-chrétienne, recevoir une onction d’huile c’est accéder à un statut supérieur d’humanité.. Et les psaumes utilisent la belle image de l’huile pour dire la joie de l’Epoux qui découvre sa fiancée :
« Oui, Dieu ton Dieu t’a consacré d’huile d’allégresse comme aucun de tes semblables... »  (Ps 44)
Même la vie en commun, la vie fraternelle fait penser à une coulée d’huile :
« Comme il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! On dirait une huile qui coule sur la barbe d’Aaron jusque sur le bord de son vêtement ! » (Ps 132)
Pourquoi tant de joie ? Il faut avoir assisté à la mise en mouvement d’un pressoir d’huile de palme dans une brousse du Congo pour se rendre compte du potentiel de vie que porte en elle l’huile.

Le pressoir est composé de vieilles carcasses de tonneaux et de poulies bringuebalantes sur leurs axes de bois brut...  Mais tout à coup la grande poulie se met en mouvement et on voit sortir d’une fine rigole un filet d’or et de pourpre. Le monde devient meilleur. On a l’âme qui s’élargit...

samedi 10 juin 2017

les serviettes de table

Martin est un vieux monsieur, hilare et caustique, qui nous aide au potager derrière notre maison du Congo. Nous le payons modiquement au rythme modique de son travail.
Récemment il a dû se faire opérer d’une hernie. Après l’hospitalisation, il nous est revenu avec une incapacité de travail pénible pendant trois mois. Il circule donc autour de notre mission en cherchant de petits boulots faciles : réparer la courroie d’une sandale ou le manche d’une houe...
L’autre jour, je le rencontre, il a assez mauvaise mine, je le lui dis. Il me répond avoir faim. Ce qui n’est pas forcément vrai mais me voilà tout de même pris au piège. Que faire ?
Je lui cherche un petit boulot pour qu’il garde sa dignité en n’étant pas mendiant même s’il se soucie peu de cette sorte d’éthique. Et la seule idée qui m’est venue à l’esprit, c’est de lui faire faire des ronds de serviettes en bambou !
Le bambou de Chine pousse allégrement et vigoureusement dans tous les coins de notre Colline. Lorsque Martin aura coupé des rondelles dans un fût de bambou, je vais les peindre et les décorer, cela fera de jolis ronds de serviettes ...
Tout à coup je me rends compte qu’il y a quelque chose d’absurde dans cette histoire. Je demande à un vieux monsieur affamé de me faire des objets qui servent à garder les serviettes qui me nettoyent les lèvres lors de mes bons repas ensaucés ! C’est aussi absurde que les relations actuelles entre pays riches et pays pauvres...

De cette réflexion sur les relations entre micro- et macro-économie, Martin n’a que faire. Il va manger un peu, accroupi devant sa petite case, grâce à l’argent de mes serviettes de table.

lundi 5 juin 2017

les tribulations de la guerre

Une inscription sur la moto: Nous croyons que Dieu existe!
Une guerre civile est surtout terrible, parce que la population - les gens ordinaires qui ne demandent qu’à travailler et vivre tranquilles – est prise en otage par les belligérants et forcée de prendre position, alors que les idéologies la dépassent de part et d’autre.

Comment choisir entre des milices qui ferment les écoles que vos enfants fréquentent, et des militaires qui brûlent votre maison si vous ne savez pas où se trouve votre voisin milicien ?...

L’autre jour, je devais me rendre en ville, j’appelle un taxi-moto, un jeune que je connais et qui est un habitué du parcours. Le point chaud est la barrière où la police, les militaires et le service de la circulation rançonnent les passants et les menacent. D’habitude, le fait de transporter un Père blanc est un laisser-passer direct. Seulement mon taximan faisait à vide le trajet pour venir me chercher sur la colline et était tombé sur des policiers pointilleux. C’est-à-dire qui avaient besoin d’argent : ils ont des comptes sonnants et trébuchants à remettre à leur chef le soir et aussi à leur femme à la maison ! (Ils ne semblent pas être payés autrement !)  

Donc ils avaient décidé de s’occuper de lui. Ils lui ont demandé ses papiers (permis et attestations diverses). Il ne les avait pas et, pour ne pas perdre de temps, a dit revenir tout de suite car il avait une course à faire pour les Pères de la Colline. Il a dû remettre en caution son téléphone.

Lors du passage suivant avec moi comme passager il traite plus confortablement puisqu’il a un peu de mon argent. Il récupère son téléphone et part. Un peu plus loin je lui demande pourquoi il n’a pas ses papiers, il me dit qu’à une de leurs barrières improvisées, des miliciens lui ont enlevé ses documents (comme ils détruisent tout ce qui représente l’Etat). Il l’a dit aux policiers qui n’ont rien voulu entendre.


Donc il a été rançonné par les policiers parce qu’il a été maltraité par les miliciens ! Coincé entre la peste et le choléra.

vendredi 2 juin 2017

la Pentecôte !


Dans la brise ou l'éclat du tonnerre
L'Esprit nous entraîne en son chant :
C'est ta voix, ô Seigneur, sur la terre,
Maintenant


BONNE FETE